Cessez de vous demander qui embaucher — commencez par nommer la lacune que vous cherchez à combler
Par Chris Beckage, Solutions technologiques Procom
L’ESSENTIEL
Chacun de ces cas est un problème différent. Chacun appelle une bonne réponse différente. L’erreur, c’est de choisir avant d’avoir nommé la lacune.
La question qui vient trop tôt
Cela commence en général de la même façon. Une initiative de modernisation doit avancer. Un programme de sécurité doit gagner en maturité. Une nouvelle intégration doit se faire. La première question que se pose un·e dirigeant·e des technologies des soins de santé n’est pas « qu’est-ce que cela exige réellement », mais « qui devons-nous embaucher »
Cet instinct se comprend. L’embauche est un levier familier. C’est l’outil vers lequel la plupart des organisations se tournent d’abord, parce que c’est celui que tout le monde sait déjà actionner. Toutefois, c’est aussi la mauvaise question pour commencer, et y répondre trop tôt fait souvent perdre plus de temps qu’on n’en gagne.
Trois lacunes différentes, trois réponses différentes
La meilleure question est celle que la plupart des organisations sautent : de quel type de lacune s’agit-il, au juste? S’agit-il d’une compétence précise qui manque à l’équipe? D’un problème de capacité plus large, où l’équipe possède les bonnes compétences, mais pas assez de bras? Ou d’un travail circonscrit qu’il faut évaluer, planifier et livrer?
Chacun de ces cas est un problème différent. Chacun appelle une bonne réponse différente. Aucun d’entre eux ne se règle de façon fiable en se rabattant par défaut sur une offre d’emploi.
Nous voyons cela comme un continuum, et non comme un choix unique. Parfois, la bonne solution est un spécialiste : une personne possédant une compétence précise, ajoutée à une équipe qui pilote déjà l’initiative. Parfois, c’est une petite équipe de spécialistes aux compétences complémentaires, qui travaillent aux côtés des personnes déjà en place. Parfois, le travail est suffisamment bien défini pour être cadré et livré comme un projet à part entière : évaluer la situation, planifier l’approche, l’exécuter, la remettre à l’organisation.
L’erreur n’est pas de choisir la mauvaise option parmi celles-ci. L’erreur, c’est de choisir avant d’avoir nommé la lacune.
À quoi ressemblait le fait de nommer la lacune sur une plateforme vieille de 15 ans
Un mandat de modernisation dans le secteur des soins de santé le montre bien : une organisation de soins de santé régionale devait migrer vers Azure une plateforme sur mesure vieille de 15 ans. La plateforme comportait une dette technique bien réelle et une exposition tout aussi réelle aux risques de sécurité, le genre de problème qui figure sur tous les registres des risques et y reste pendant des années, parce que personne n’a de moyen simple d’y remédier sans perturber ce qu’elle prend en charge.
Dans ce cas-ci, les flux de travail qui reposaient sur cette plateforme ne pouvaient pas être mis hors ligne. L’établissement de soumissions, la comparaison de régimes, la génération de documents : tout devait continuer de fonctionner pendant que le système sous-jacent changeait.
Dans une situation comme celle-là, l’instinct est souvent d’ajouter du personnel et d’espérer que l’équipe s’en sortira en plus de tout ce qu’elle a déjà à faire. Ce qui s’est produit était différent : une évaluation d’abord, pour comprendre exactement ce qui fonctionnait et ce qui en dépendait, suivie d’une migration et d’une stabilisation séquencées précisément pour protéger ces flux de travail en production. Les travaux ont été menés à terme, et la plateforme a été entièrement stabilisée en 90 jours, les flux de travail essentiels à l’entreprise demeurant en service tout au long du processus.
Rien de tout cela n’a commencé par une décision d’embauche. Tout a commencé par une question sur la nature du travail à accomplir.
Les programmes de sécurité suivent le même schéma
Les enjeux liés à une exécution réussie augmentent, et non l’inverse. En date de juin 2026, 772 atteintes de grande ampleur à la protection des données de soins de santé pour 2025 figuraient sur le portail des atteintes du U.S. Department of Health and Human Services, Office for Civil Rights (HHS OCR), selon l’analyse des données du portail réalisée par le HIPAA Journal. Ce nombre placerait 2025 au-dessus du sommet précédent de 746 atteintes recensées sur le portail en 2023. (Source : analyse du HIPAA Journal des données du portail des atteintes du HHS OCR, juin 2026.) L’analyse du portail montre que la plupart étaient liées au piratage ou à d’autres incidents informatiques, et non à des documents papier perdus. Ce n’est pas une raison de s’alarmer. C’est une raison d’être précis quant à l’endroit où se situe l’exposition réelle, et quant au type de travail requis pour y remédier. Un programme de sécurité qui doit gagner rapidement en maturité après l’arrivée d’un·e nouveau·elle dirigeant·e, ou après un incident, ne manque pas, en général, d’un seul rôle. Il manque le plus souvent de capacité coordonnée dans plusieurs disciplines à la fois, soit l’architecture, la gouvernance, la sécurité infonuagique et les risques liés aux tiers, réunie de façon délibérée plutôt que comblée demande par demande.
C’est le même schéma qui se répète : nommer la forme réelle de la lacune avant de décider comment y remédier.
Avant d’ouvrir la demande
Rien de tout cela ne constitue un argument contre l’embauche. Parfois, la bonne réponse est bel et bien une personne précise possédant une compétence précise, et rien ne la remplace. Le fait de traiter chaque lacune technologique comme un problème de dotation, par réflexe, avant de comprendre en quoi elle consiste, revient toutefois, pour les organisations de soins de santé, à résoudre le problème en fonction de l’outil qu’elles connaissent plutôt qu’en fonction du problème qu’elles ont.
QUESTIONS À SOUMETTRE À VOTRE ÉQUIPE
Avant d’ouvrir la demande, posez les questions suivantes :
- La lacune est-elle un manque de compétence, un problème de capacité ou un projet à portée définie?
- Quel résultat faut-il livrer, et pour quand?
- Une offre d’emploi est-elle la bonne réponse, ou seulement la plus familière?
Prochaines étapes
Les Services-conseils de Procom travaillent avec les dirigeant·es des technologies des soins de santé pour déterminer le type de lacune à laquelle il·elles font face, puis proposent la bonne approche : un·e spécialiste; une équipe de spécialistes; un projet défini.
Utilisez le formulaire ci-dessous pour discuter d’une initiative qui vous occupe.
à moderniser ses technologies essentielles

À PROPOS DE L’AUTEUR
Chris Beckage, vice-président, Services-conseils
Fort de plus de 25 ans d’expérience dans le secteur de la dotation, Chris dirige les efforts des Services-conseils de Procom pour élargir les occasions d’affaires et les partenariats partout en Amérique du Nord.

