La fraude est un problème de visibilité fragmentée – aucune partie ne voit la tendance dans son ensemble
Par Simon Gray, vice-président, Solutions de main-d’œuvre
En résumé
Dans une chaîne d’approvisionnement en main-d’œuvre occasionnelle faisant intervenir plusieurs parties, chaque participant·e détient un fragment du signal de fraude, mais aucun·e ne détient le portrait d’ensemble. La défense ne réside pas dans une meilleure détection à une étape donnée du processus, mais dans la mise en commun du renseignement entre tous les points.
Les fragments que personne n’assemble
Un·e fournisseur·se de services de dotation remarque que les références d’un·e candidat·e sont étrangement difficiles à vérifier. Le·la gestionnaire d’embauche du·de la client·e remarque que le·la nouveau·elle contractuel·le évite la caméra. Le·la partenaire employeur officiel (EOR) remarque que l’appareil a été expédié à une adresse différente de celle indiquée sur le curriculum vitæ. L’équipe de sécurité informatique remarque une connexion provenant d’un pays inattendu. Chaque fragment, pris isolément, ne suscite qu’un haussement d’épaules. Assemblés, ils révèlent clairement un stratagème d’usurpation d’identité.
Ils ne sont jamais assemblés, car ils se trouvent dans quatre organisations distinctes, et personne n’est en position de voir les quatre à la fois. Il s’agit ici de l’équivalent, dans la chaîne d’approvisionnement, d’une défaillance en un point unique : ce n’est pas que les signaux ont été manqués, c’est qu’ils étaient répartis entre des parties qui n’échangent pas cette information entre elles.
Une lacune structurelle, et non une lacune de jugement
Il convient de préciser la nature exacte de ce problème. Le défi d’interpréter correctement un signal relève du jugement, un problème qui se résout en formant les personnes qui détiennent ce signal. Ici, la situation est différente. Cette répartition des signaux tient à la structure même du programme : la structure multipartite qui rend les programmes de main-d’œuvre occasionnelle efficaces est la même qui fragmente le renseignement. Aucun degré de jugement individuel n’y change quoi que ce soit si chaque partie ne voit jamais que son propre fragment.
C’est précisément ce qui en fait une lacune structurelle. La solution ne réside pas en un·e analyste plus perspicace à un point précis de la chaîne. Elle réside dans une circulation délibérée des signaux entre les points de la chaîne, et une partie en mesure de les observer dans leur ensemble.
Ce qu’exige réellement une visibilité commune
Trois conditions, qui ne vont pas de soi :
- Les signaux doivent circuler. Les journaux d’adresses IP et de géolocalisation du·de la fournisseur·se EOR, les observations d’entrevue du·de la gestionnaire du·de la client·e, les signaux comportementaux du·de la fournisseur·se de services de dotation et les anomalies d’accès relevées par la sécurité informatique n’ont de valeur que s’ils sont mis en commun et corrélés, plutôt que cloisonnés.
- Quelqu’un·e doit être en position de les corréler. La reconnaissance de tendances exige une vue d’ensemble couvrant les client·es, les postes et les régions géographiques. Un·e gestionnaire qui voit un·e seul·e candidat·e coaché·e ne peut pas reconnaître le signal, alors qu’une organisation qui traite des milliers de placements développe la base de référence nécessaire pour le faire.
- Les contrats doivent l’exiger. Les obligations d’atténuation de la fraude, les attentes en matière de mise en commun des signaux et les responsabilités d’escalade hiérarchique doivent figurer dans les ententes avec les fournisseur·ses et les partenaires, et non reposer sur la bonne volonté.
Point de départ
Déterminez qui, dans votre chaîne d’approvisionnement, voit quoi. Pour un placement récent, dressez la liste des signaux de fraude que chaque partie pourrait observer (fournisseur·se, partenaire EOR ou AOR, gestionnaire d’embauche, sécurité informatique), et demandez-vous où ils aboutissent actuellement. Si la réponse est « nulle part, à moins d’un problème », c’est précisément là que réside la lacune. La reconnaissance de tendances est impossible lorsque chaque partie ne voit que son propre fragment.
Questions à transmettre à votre équipe
Pour un placement donné, quels signaux de fraude chaque partie de notre chaîne d’approvisionnement voit-elle, et où ces signaux aboutissent-ils aujourd’hui? Quelqu’un·e est-il·elle en position de tous les corréler? Nos contrats avec les fournisseur·ses et les partenaires exigent-ils la mise en commun des signaux, ou la tiennent-ils simplement pour acquise?
Prochaines étapes
Le service Solutions de main-d’œuvre de Procom occupe une position transversale dans la chaîne d’approvisionnement en main-d’œuvre occasionnelle, à un volume suffisant pour corréler des signaux qu’aucune partie ne peut voir seule, et intègre cette rigueur de mise en commun au fonctionnement même des programmes.
La fraude de la part des candidat·es dans l’embauche en entreprise

À propos de l’auteur
Simon Gray, vice-président, Solutions de main-d’œuvre
Fort de plus de 25 ans d’expérience en dotation stratégique, Simon dirige la division Solutions de main‑d’œuvre de Procom afin d’aider les client·es à effectuer des embauches rapides et conformes.

